Maison mal isolée, maison moins chère ?

Modifié le 1/01/1900

A quelques heures du Salon Energie & Habitat, le certificat indiquant la performance énergétique des bâtiments fait couler beaucoup d'encre. Les biens les plus énergivores seront-ils dès lors dévalués ?


A moins de vivre sur une île déserte, vous avez sûrement déjà entendu parler d'elle : la PEB. Trois lettres, une traduction : performance énergétique des bâtiments.

Elle vise à décerner une note, bonne ou mauvaise, à un bâtiment mis à la vente ou à la location, histoire de déterminer s'il est ou non « économisateur » d'énergie via, notamment, une bonne isolation. Le certificat qui en découle (appelé CPE, certificat de performance énergétique), sorte de carte d'identité énergétique calquée sur les classes attribuées aux électroménagers (A, B, C…) devient obligatoire.  Trouvant sa source dans une directive européenne visant à réduire la consommation d'énergie, le certificat sera bientôt obligatoire dans toutes les régions du pays (c'est déjà le cas en Flandre et en Wallonie, et l'on parle de juillet 2011 pour Bruxelles).

Conséquence : les trois lettres fatidiques posent une question intéressante d'un point de vue immobilier : un bien qui se verra délivrer un certificat négatif risque-t-il de perdre de sa valeur à l'avenir ? « Trop tôt pour répondre car nous manquons de recul, expose Laurent De Waegeneer, responsable du réseau ERA pour Bruxelles et la Wallonie. Il faudra attendre 5 ou 6 ans avant d'y voir plus clair mais je crois que la PEB ne changera rien à la valeur d'un bien. L'émotionnel restera toujours un facteur primordial quand on achète. » Même son de cloche chez Eric Verlinden, administrateur délégué du groupe Trevi. « 80 % des achats sont décidés par des femmes et, c'est bien connu, elles ont toujours raison !, explique-t-il sur le ton de l'humour. Et croyez-moi, quand elles visitent une maison, elles se fichent de l'état de l'isolation ! » Citons parmi les autres facteurs influents, la rareté du bien, sa localisation…

Parce que la Flandre a été la première à introduire la PEB (janvier 2007), c'est dans le nord du pays qu'on trouvera sans doute les réponses les plus objectives à l'heure actuelle. « En trois ans, le certificat n'a eu aucune incidence sur les prix, répondent en chœur Mathieu Verwilghen et Sibylle Colin de chez Century 21. Ce débat nous fait penser à celui sur l'assainissement des sols qui avait agité la Flandre il y a quinze ans. Or, rien n'a changé ! »
Menace réelle ou purement hypothétique ? Une chose est sûre : le CPE n'a pas fini de faire parler de lui. On l'évoquera d'ailleurs abondamment au Salon Energie & Habitat qui se tiendra de vendredi à lundi à Namur. Alors, si vous avez des questions…

Source: Le Soir

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