Post-isolation des murs creux – La bonne méthode, en 5 étapes

Modifié par Vinciane Pinte le 24/09/2014

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Si vous souhaitez isoler les murs creux d’un bâtiment existant – c’est ce que l’on appelle ‘post-isoler’ –,  il faut tout d’abord soumettre ces murs à quelques tests avant de voir si une post-isolation est réalisable. Il suffit de suivre ces quelques étapes.

Etape 1: Mur creux ou non ?

Comment reconnaît-t-on un mur creux? L’âge de la maison constitue un premier indice : les murs creux datent d’après la seconde guerre mondiale. Autre indice : seule la partie longue des briques (la panneresse) est visible et donc pas la partie courte (la boutisse). Des joints verticaux ouverts, donc des ouvertures dans le rejointoiement par lequel l’eau infiltrée dans le creux s’évacue, indiquent aussi la présence d’un mur creux.

L’épaisseur du mur est une autre indication : les murs de 24 cm ou moins, ne sont pas des murs creux. Le creux est parfois visible au niveau des combles ou si l‘on intervient au niveau des portes ou des fenêtres. Si vous hésitez encore, vous pouvez toujours forer dans le mur. Si le foret aboutit dans un vide, c’est qu’il y a un creux.

Etape 2: les conditions sont-elles remplies pour une post-isolation ?

L’entrepreneur procèdera auparavant à une inspection des murs creux et de la maison pour voir si toutes les conditions sont remplies pour pouvoir procéder à une post-isolation.

Le mur ne convient pas pour une post-isolation si :

  • La brique et/ou le mortier de maçonnerie et de rejointoiement ne résistent pas au gel ;
  • La face extérieure du mur creux freine la vapeur : briques émaillées, carreaux, mosaïque, certaines peintures ou certains types de plâtres ;
  • La façade est fortement exposée aux pluies battantes (région côtière, vastes étendues paysagères, bâtiment de grande hauteur).

Que faut-il encore vérifier avec l’entrepreneur?

  • Si la façade est endommagée et présente par exemple des fissures. Il faut avant tout en déterminer la cause et réparer les dégâts.
  • Si le creux est suffisamment large et pas trop encombré (ébarbures de mortier, déchets de mortier et de briques). Si les ferrures d’ancrage sont en bon état, afin que la stabilité du mur ne soit pas mise en danger pendant le remplissage. Ce contrôle s’effectue normalement avec un endoscope qui permet à l’entrepreneur d’aller voir l’intérieur du creux.
  • S’il y a des traces d’infiltrations d’eau de pluie, il faudra d’abord s’occuper de la cause. Le moindre défaut au niveau de l’évacuation des eaux de pluie, des rives de toit ou des couronnements doit être réparé en tout premier lieu.

En cas de post-isolation, il faut accorder une attention particulière aux :

  • Cheminées, canaux de ventilation et d’évacuation qui traversent les façades.
  • Ouvertures de drainage (joints verticaux ouverts).
  • Ventilation du vide-ventilé: il ne peut pas être bouché par le remplissage.
  • Ouvertures dans la face intérieure du mur creux : conduites électriques, prises, interrupteurs, placards encastrés, boîtes aux lettres, volet roulant et caissons de pare-soleil, ouvertures dans les combles.

Etape 3 : l’offre est-elle correcte?

Des questions pertinentes à poser absolument :

  • L’entrepreneur a-t-il analysé le mur extérieur ?
  • Le prix par m² : avec ou sans TVA?
  • S’agit-il d’une surface nette sans ouverture de portes et de fenêtres ? Les finitions au niveau des fenêtres et la pose éventuelle d’échafaudages sont-elles comprises?
  • L’entrepreneur peut-il prouver que son intervention est conforme aux spécifications techniques en vigueur afin que vous puissiez encore bénéficier de la prime ?
  • En cas de problèmes, qui en assume la responsabilité ?
  • L’entrepreneur est-il à même de présenter les références requises ?

Etape 4 : la mise en œuvre est-elle bien exécutée ?

Vérifiez si l’entrepreneur exécute correctement les travaux d’isolation. Soyez attentif aux points suivants :

  • L’entrepreneur doit pratiquer toutes les ouvertures de désaérage avant de procéder à l’insufflation, pour éviter que des poussières et des débris ne tombent sur l’isolant.
  • Il faudra éventuellement obturer le mur creux verticalement entre deux habitations, ou entre deux éléments de façade dont l’un est à isoler et l’autre non.
  • Pendant le remplissage, l’entrepreneur doit vérifier visuellement si le creux a été rempli de manière régulière.
  • Pour certains matériaux isolants (par exemple, la laine minérale), l’entrepreneur doit vérifier la densité du matériau post-isolant pendant l’insufflation.

Etape 5: peaufinage après intervention ?

Après insufflation de l’isolant, l’entrepreneur doit colmater soigneusement toutes les ouvertures dans la façade extérieure et ce, dans la teinte originale des joints. L’entrepreneur vérifiera si toutes les conduites (cheminée, ventilation, évacuations) sont à nouveau ouvertes et si les volets roulants et les pare-soleil ne sont pas bloqués. Il remet en place les grilles qu’il aura ôtées et éliminera toutes les saletés. Le cas échéant, il fera l’objet d’un contrôle après travaux. Ceci peut se faire visuellement, avec un endoscope ou un système thermographique.
Il fournit au client une déclaration de conformité avec les Spécifications Techniques pour la demande de subsides par le biais du gestionnaire de réseau.

Bien isolé ? Ventilez maintenant !

Une maison plus étanche devra être mieux ventilée, sinon on risque des problèmes de condensation, surtout dans les maisons de petites dimensions, dans les pièces humides (cuisine, salle de bains).

Et si l'isolation des creux s’avère impossible?

Dans ce cas, il faudra se tourner vers les alternatives suivantes pour isoler les murs extérieurs:

  • Isoler par l’extérieur et par-dessus, une nouvelle finition extérieure (brique de parement, crépi, bois, métal, matériau synthétique, …). 
     
  • Isoler par l’intérieur en mettant en œuvre une contre-cloison : intervention délicate présentant quelques inconvénients.
    • Il faut sacrifier de l’espace intérieur.
    • L’exécution doit être impeccable pour éviter les problèmes de condensation. La masse thermique de la maçonnerie porteuse sera réduite, ce qui procure un confort moindre en été. Cette paroi massive sera moins à même de bloquer la chaleur.
    • Une façade extérieure sensible au gel constitue un facteur de risque.
    • Difficile d’éviter les ponts thermiques.
    • Pour une isolation par l’intérieur, il n’y a pas de primes.


Auteur: Gretel Kerkhofs  

 

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